La Source du Champs Robert

12/06/2017

Les sources sont très nombreuses sans le Val d’Allier. La rivière emprunte une grande faille par laquelle remontent l’eau et le gaz carbonique des profondeurs.

Sur le territoire de Coudes, la source de « Champs Robert » se situe au sud du bourg. Sur la route de Clermont à Montpellier, elle est très connue depuis des millénaires, mais il faut attendre 1855 pour qu’elle éveille l’intérêt d’un entrepreneur M. Mallay. Ce dernier achète les deux fontaines et les aménage. Un captage en maçonnerie permet de recueillir l’eau au sortir du rocher. Il obtient l’autorisation ministérielle d’exploiter la source sous le vocable « d’eau minérale naturelle.. La bouteille est vendue 20 centimes et 60 centimes si elle est exportée. Les militaires et les indigents ont le droit de se servir gratuitement.

Ayant peur d’un de la concurrence et d’un forage voisin qui pourrait capter l’eau de sa source, monsieur Mallay demande l’application d’un périmètre de protection des sources, réglementation spéciale éditées en 1856. Mais ses voisins adressent une pétition déclarant que les eaux sortent partout à Coudes et qu’on ne saurait dès lors privilégier un point d’émission par rapport aux autres.

Mallay voit sa demande de protection de la source rejetée. Les habitants de Coudes conservent alors le droit de boire gratuitement l’eau des sources Mallay qui avait clôturé le site construit un bâtiment d’embouteillage  et créé une buvette qui recevait de nombreux visiteurs.. Il fut, dès lors, obligé de rétribuer un gardien chargé de permette aux Coudois d’accéder gratuitement à se source !

A la mort de l’entrepreneur, l’exploitation se poursuit et l’affaire marche bien du fait de l’engouement  pour les eaux thermales. En 1906, un groupe d’entrepreneurs constitue « la société des eaux de Coudes » dont le siège est à Paris. La vente atteint 30000 bouteilles à l’année, vendues en pharmacie et consommées à petite dose comme produit médicinal. On recommande une cure de 21 jours au cours de laquelle le patient boit 12cl à trois reprises. Des bains sont aussi recommandés dans cette eau à 14 degré !

Les brochures publicitaires vantent la valeur des eaux de Coudes contre de multiples affections parmi lesquelles l’arthritisme, le diabète, l’obésité, les troubles nerveux, les maladies de la peau et de l’estomac..

Dès 1907, la toute jeune société envisage de créer un centre thermal avec hôtel de luxe, casino, un centre de cure  avec piscines et tennis. Mais la société subordonne ces investissements au classement de Coudes comme station hydrothermale, balnéaire et climatique, label de qualité qui garantirait le succès du futur centre. Mais cette demande est rejetée par l’administration qui juge que ce classement ne peut être attribué qu’à un site comprenant plusieurs sources et des installations existantes. Sans doute, il y at-il eu ici l’influence de stations voisines comme Saint-Nectaire qui ne voient jamais les menaces de concurrence d’un bon œil !

La « société des eaux minérales de Coudes » poursuivra donc l’exploitation traditionnelle  en mettant l’accent sur le vente de bouteilles. Mais la guerre et la désaffection progressive du grand public pour les eaux minérales verront le commerce et la société perdre chaque année de sa valeur. L’exploitation est arrêtée officiellement en 1940 et le retrait de l’autorisation ministérielle est signifiée en 1957

 Aujourd’hui, la source attire toujours des habitants de Coudes et des alentours qui viennent remplir leurs bouteilles pour leur consommation personnelle. La mairie a fait rénover l’ancien bâtiment d’exploitation.

En téléchargement PDF : Raconte-moi les eaux de Coudes
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