Le Pont de Coudes

12/06/2017

Infos archives mairie et mémoire orale Mr Courmier (Parent)

La traversée de la rivière s’opérait auparavant grâce à un bac exploité par l’abbaye du Bouchet (à développer plus tard).

1/ Ponts suspendus de 1846 et 1948

Un courrier du 22 avril 1840 adressé par le Sous-Préfet d’Issoire au maire de Coudes précise : « Une enquête sera ouverte du 27 avril au 19 mai au sujet de la construction d’un pont suspendu sur l’Allier, au passage de Coudes, chemin de grande communication n° 2 de Thiers à Champeix ».

Un courrier du 9 juin 1845 (Sous Préfet au maire de Coudes) fait état de terrains que la commune doit céder à l’entrepreneur pour la construction du pont et de la route « sur l’ancien cimetière et sur l’emplacement de la sacristie actuelle ».

Le pont suspendu est ouvert à la circulation le 1er avril 1846, moyennant acquittement d’un droit de péage jusqu’en 1875.

Courrier du 27 janvier 1853 : des travaux de reconstruction du pont de Coudes sont programmés.

Un document émanant de la Sous-préfecture d’Issoire daté du 2 juillet 1855 précise :

  •  l’adjudicataire du pont doit réaliser « à ses frais les chemins de raccordement du pont à la Route Royale n° 9 d’une part, et avec le chemin de Grande Communication n° 2 d’autre part, et tous les ouvrages nécessaires pour le défendre contre les attaques de l’Allier.», selon un plan annexé au cahier des charges cité et joint au document …
  • Suivent plusieurs articles donnant le nom de l’adjudicataire : Monsieur Bernard Pillore (ou Pillare), et aboutissant à la conclusion que celui-ci n’ayant pas effectué les travaux d’élargissement des chemins de raccordement dont il était redevable, il est déchu de la concession du pont à péage de Coudes qui lui a été faite par l’acte d’adjudication du 11 avril 1843.

Sous Préfecture d’Issoire, 28 juin 1861 : courrier précisant que des états de visites annuels sont réalisés par le Conseil Général des Ponts et Chaussées et qu’il y a lieu de soumettre à une nouvelle épreuve de solidité du système de suspension les ponts de Longues, Coudes et Parentignat, ce qui n’a pas été fait depuis 5 ans. Ce qui fût fait à Coudes du 30 juin au 2 juillet 1962, moyennant une interdiction de circuler sur le pont et l’établissement d’un bac temporaire.

Des courriers échangés en 1866 laissent entendre que le pont est fermé à la circulation, sans doute en raison des dommages causés au pont par l’inondation de septembre 1866, l’un des courriers sommant la Cie concessionnaire de « pourvoir au rétablissement du pont suspendu ainsi qu’au passage des personnes et des bagages au moyen d’un bac et d’un batelier ».

Juin 1868 : des travaux sont en cours et doivent attendre la baisse des eaux pour permettre d’entreprendre de nouvelles fondations.

Un document émanant de la préfecture du Puy-de-Dôme daté du 4 mars 1875 fait état de la fin du bail du péage dont les concessionnaires ont bénéficié à partir du 1er avril 1846 pour une durée de 28 ans et onze mois. De fait le pont suspendu est rendu à la libre circulation et les concessionnaires, non nommés, sont invités à faire toutes les réparations du pont nécessaires avant l’échéance du bail.

Arrêté de la Sous-préfecture d’Issoire en date du 1er mars 1877 : « considérant que les conditions dans lequel est construit le pont suspendu de Coudes ne permettent pas de faire supporter avec sécurité à une poutrelle un chargement de plus de 3.200 kilogrammes », la circulation sur le pont est limité à ce même poids, correspondant à 16 sacs de farine ou de grain, 8 pièces de vin ou 4 demi-muids de vin…D’où la présence d’une bascule pour peser les véhicules et leur chargement qui se situait à l’entrée du pont sur la place de l’église, en face de la maison du cantonnier, chargé de faire appliquer l’arrêté, placardé sur le pont.

On apprend grâce à un courrier échangé entre le maire de Coudes et l’Agent Voyer d’Arrondissement d’Issoire le 24 mars 1923 que le pont était éclairé de deux lampes et qu’une 3e est à l’étude.

Le 22 août 1944 les Allemands en retraite font sauter le pont suspendu à l’aide de charges explosives qui fracturent le tablier qui s’effondre dans la rivière. Voir les photos prises par le pharmacien de l’époque, monsieur Genestet qui les vendait (source Mr Courmier). Le pont suspendu est alors appelé le « pont cassé ». Un état de déclarations de sinistres daté du 30 octobre 1944 conservé en mairie de Coudes recense 27 propriétaires dont les maisons ou dépendances situées à quelques dizaines de mètres du pont ont été endommagées par la déflagration, dont la commune au titre de l’église et de bâtiments communaux. D’après Mr Courmier, prévenus, la plupart des habitants eurent le temps d’ouvrir leurs fenêtres avant la déflagration.

Le pont cassé reste en place pendant plusieurs mois ; les piles en pierre sont intactes. 

Dans les 1ers temps un bac est à nouveau aménagé, avec une barque dont le bedeau de Coudes assurait le maniement, à l’aide d’un câble qui raccordait la barque à un grand câble qui traversait la rivière et d’une perche ou « gourde » qui prenait appui au fond de la rivière.

Les enfants côté Parent empruntaient ce bac pour aller à l’école à Coudes et Mr Courmier se souvient d’une traversée périlleuse entre blocs de glace de la rivière à moitié gelée et eaux  tumultueuses de la couze qui se déversaient dans l’Allier. Le bac doit changer plusieurs fois d’emplacements.

Par la suite le tablier en bois effondré est aménagé en escalier et passerelle provisoires pour permettre de traverser la rivière. Des crues successives emportent les parties restantes du tablier et finalement les câbles qui, en tombant, ont décapité les piles côté Coudes. Les derniers vestiges seront découpés au chalumeau (mémoire orale Mr Courmier) environ 1 an après.

En attendant la reconstruction du pont, une passerelle flexible (mouvante) est installée et elle cohabite en surplomb avec le nouveau pont jusqu’à son achèvement.

Le pont est reconstruit en 1948 (sur cette reconstruction pas de documentation en mairie ?). Observer les différences des ponts de 1846 et 1948 sur photos.

A la descente du pont côté Parent, la route pour Vic-le-Comte tournait à gauche (avec un passage à niveau sur la voie ferrée) ; à droite, la route passant sous la voie ferrée est aménagée plus tard à l’initiative du député-maire Joseph Planeix. Il y avait cependant un chemin qui raccordait le pont de 1846 à la gare, puisque la voie ferrée est aménagée en 1855. La gare s’est appelée Coudes-Saint-Nectaire avant de s’appeler Parent-Coudes-Champeix (à préciser).

A l’occasion de la construction du nouveau pont de 1974-76, la destruction du pont suspendu aurait été un temps envisagée mais les deux communes de Parent et Coudes plaidèrent auprès de la Direction départementale de l’Equipement pour son maintien et un usage piétonnier à destination des riverains, usagers de la gare, etc.

Le pont suspendu fermé à la circulation routière a été restauré en 1985 et à nouveau en 2009/2010 avec un renforcement des câbles ; aujourd’hui il appartient pour moitié à chacune des deux communes de Parent et de Coudes, la limite entre les deux communes se situant au milieu de la rivière Allier.

Sociabilité :

Le pont suspendu a souvent été le lieu de photographies de mariage, lieu de pose photos en général ; il a aussi bien sûr été souvent photographié, nombreuses cartes postales vendues autrefois par le tabac presse de Coudes (voir la collection de Robert Courmier) ; lieu de promenade, etc. Sujet favori également des peintres locaux du 20e siècle, dont Mr Robert Luton, lui-même gendre du peintre Christian Bardet… En 2010, à l’occasion de la manifestation art nomade il a été peint par Pierre Jean LLADO.

Pont suspendu de Coudes en 1846
Pont suspendu de Coudes en 1846
Pont de Coudes avant 1944
Pont de Coudes avant 1944
Pont de Coudes cassé
Pont de Coudes cassé
Crédits photos : Issoire Tourisme
Crédits photos : Issoire Tourisme
Crédits photos : Issoire Tourisme
Crédits photos : Issoire Tourisme
Crédits photos : Issoire Tourisme
Crédits photos : Issoire Tourisme
Crédits photos : Issoire Tourisme
Crédits photos : Issoire Tourisme

2/ La construction du nouveau pont en amont en 1974-1976

Dans un rapport intitulé « mémoire explicatif » de la Direction Départementale de l’Equipement en date du 4 avril 1974, il est précisé : « Le chemin départemental n° 229 franchit l’Allier entre Parent et Coudes au Pont dit de Coudes. Le pont actuel, à ossature métallique, construit en 1846, possède une chaussée de 3 mètres et deux trottoirs de 0,75 mètres de large qui ne correspondent plus aux nécessités d’une circulation qui augmente sans cesse. Aussi le Département du Puy-de-Dôme a-t-il inscrit sa reconstruction à son programme de reconstructions améliorées de Ponts par délibération du Conseil Général en date du 22 juin 1967. Par la suite le Pont de Coudes a été inscrit au programme de travaux 1974 (délibération du 7 décembre 1973) ».

« L’ouvrage prévu est un pont à six travées en béton précontraint, de hauteur constante, entièrement différent de l’ouvrage actuel dont il n’a pas été possible de réutiliser les fondations pour trois raisons principales… ». Pour la suite voir le rapport ci-joint.

Ce nouveau pont construit à une centaine de mètres en amont du pont suspendu a été inauguré en septembre 1976.

Remarque : il y a au total 6 ponts sur la commune de Coudes : pont suspendu sur l’Allier pont de 1974-76 sur l’Allier, pont médiéval sur la Couze, viaduc de l’autoroute, petit pont sur le béal dans le virage au centre du bourg, pont actuel sur la Couze.

Voir pour compléments éventuels aux AD 63.